L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fait partie des acteurs de soutien au Gouvernement du Burkina Faso dans ses initiatives de développement du secteur rural au Burkina Faso. Dans cette interview, M. Dauda SAU Représentant de la FAO au Burkina Faso, donne des pistes pour augmenter la productivité agricole dans un contexte d’insécurité.

Lefaso.net : « Le Burkina Faso fait face à une dégradation continue de la situation sécuritaire notamment dans les régions de la Boucle du Mouhoun, de l’Est, du Centre Est, Nord, et du Sahel. Quelles propositions fait la FAO pour préserver et renforcer les moyens d’existence agricole des populations victimes ?

La 21ème édition de la Journée nationale du paysan (JNP) s’est penchée sur le thème je cite « Défi de la sécurité alimentaire dans un contexte d’insécurité : quelles stratégies d’accompagnement des petites exploitations agro-sylvo-pastorales et halieutiques ? »

Ce thème revêt une importance capitale surtout en cette période où le pays fait face à des attaques terroristes multiformes ainsi qu’à des conflits intercommunautaires de plus en plus récurrents avec pour conséquence le déplacement des populations, et donc la fragilisation de leurs moyens d’existence.

C’est pour cela que les objectifs de développement durable à l’horizon 2030 (ODD), ont placé la paix comme une condition absolue pour leur atteinte en encourageant toutes les nations à redoubler d’efforts pour un développement durable qui ne laisse aucune personne, aucune catégorie en marge.

A cet égard, Je voudrais féliciter le Gouvernement du Burkina Faso pour son engagement et sa détermination à apporter des réponses appropriées à travers la mise en œuvre d’actions pertinentes et d’envergure dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES), des politiques et stratégies sectorielles ainsi que du Programme d’urgence pour le Sahel élargi à d’autres régions pour ne citer que ceux-ci.

A toutes ces orientations stratégiques et actions opérationnelles, la FAO apporte son soutien indéfectible au Gouvernement conformément à son mandat et ce spécifiquement aux trois domaines prioritaires d’intervention retenus dans son Cadre de Programmation Pays pour son assistance technique au Gouvernement du Burkina Faso sur la période 2017-2020.

A ce titre, près de 30 millions USD a été mobilisés entre 2018 et 2019 dans le cadre des fonds propres de la FAO et des instruments du système des nations unies mais surtout auprès des partenaires de la FAO tels que l’Union Européenne, la Coopération Suédoise, la Coopération Suisse, l’Ambassade de la Belgique et l’Ambassade de France que je remercie bien pour cette confiance. L’action de plaidoyer est toujours en cours pour mobiliser davantage de ressources afin de préserver et renforcer les moyens d’existence des populations affectées par cette situation d’insécurité sur le terrain.

Lefaso.net : Le thème de la Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA) 2019 a porté sur « agir pour l’avenir, une alimentation saine pour un monde Faim Zéro » précédée de la cérémonie de lancement de la campagne de confinement de la houe manuelle au Musée. Dites un mot sur cet important évènement et ses implications ?

Pour rappel, la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) a été créée par les pays membres de la FAO lors de la vingtième conférence générale de l’Organisation en novembre 1979. La délégation hongroise, conduite par l’ancien ministre hongrois de l’Agriculture et de l’Alimentation, Pál Romány, a joué un rôle actif au cours de cette conférence et a émis l’idée d’organiser une journée de l’alimentation dans le monde entier.

Cette journée a depuis été célébrée chaque année le 16 octobre (car c’est celle de la fondation de la FAO en 1945) dans plus de 150 pays, dans le but de sensibiliser le public et les dirigeants sur les questions de la pauvreté et la faim. Cette journée internationale vise aussi à soutenir la mise en œuvre des projets qui investissent dans les infrastructures rurales pour améliorer le rendement agricole dans les pays où sévit la faim ou la famine.

C’est le lieu pour moi de remercier et féliciter le Gouvernement du Burkina Faso pour la tenue régulière et réussie de cette manifestation chaque année.
Au titre de l’année 2019 effectivement le thème est, je cite « agir pour l’avenir, une alimentation saine pour un monde Faim Zéro ».

Au cours de cette manifestation, réalisée avec succès à Bobo-Dioulasso, le maître mot était en résumé « l’alimentation saine pour tous et par tous » car la priorité absolue de la FAO est l’éradication de la faim dans le monde, mais nous devons aussi nous attaquer à toutes les formes de malnutrition. Les dernières données indiquent que le nombre de personnes souffrant de faim dans le monde est en hausse, avec 821 millions de personnes en 2017, soit une personne sur neuf.

Il y a donc une nette progression de la malnutrition dans l’ensemble des régions et des catégories de revenus. Partant de constat, il a été question d’inviter l’ensemble des parties prenantes à l’action afin que tous puissent bénéficier d’une alimentation saine et durable avec un accent sur la création de partenariats entre agriculteurs, gouvernements, chercheurs, acteurs du secteur privé et consommateurs, qui ont tous un rôle à jouer.

A ce titre, les agriculteurs ont besoin de renforcements de capacités et d’incitations meilleures pour accroître et diversifier la production de nourriture de qualité. Les Gouvernements doivent adopter des politiques, des normes et des règlements alimentaires pour la production d’aliments sûrs, nutritifs et accessibles à tous.
Les institutions de recherche doivent dispenser les meilleurs avis scientifiques et pousser les frontières de la connaissance et de la technologie.

Le secteur privé doit influencer positivement le secteur agroalimentaire en adaptant ses produits aux recommandations nutritionnelles modernes. Les individus doivent aussi réfléchir à leurs choix et à leurs habitudes alimentaires grâce à la sensibilisation et à l’apprentissage.

Lefaso.net : La FAO s’est engagée dans l’appui au Gouvernement du Burkina Faso pour l’amélioration de la situation nutritionnelle des populations. Quelles sont véritablement les actions concrète dans ce sens ?

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est porteur d’ambitions de transformation qui tiennent compte de l’évolution de notre monde et des nouveaux défis que nous devons relever si nous voulons vivre dans un monde libéré de la faim, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition sous toutes ses formes.
En ce qui concerne les indicateurs de la nutrition, la situation n’est pas plus réjouissante.

Si les tendances actuelles perdurent, nous ne réussirons à atteindre ni la cible de développement durable 2030 qui consiste à diminuer de moitié le nombre d’enfants souffrant d’un retard de croissance, ni celle de l’Assemblée mondiale de la Santé qui vise, à l’horizon 2025, à réduire de 30 pour cent l’insuffisance pondérale à la naissance. Le rapport de cette année alerte sur le fait qu’en 2015, une naissance vivante sur sept (soit 20,5 millions de nouveau-nés à l’échelle mondiale) présentait une insuffisance pondérale, sachant que nombre de ces naissances étaient le fait de mères adolescentes.

Les tendances relatives à l’excès pondéral et à l’obésité constituent d’autres sujets de préoccupation car elles continuent d’être orientées à la hausse dans pratiquement tous les pays en ce qui concerne les enfants, les adolescents et les adultes. Les données les plus récentes montrent que l’obésité contribue à 4 millions de décès au niveau mondial et qu’elle accroît le risque de morbidité dans toutes les classes d’âge.

Notre action dans cette dynamique est de contribuer fortement à renverser cette tendance. Comme action de la FAO dans ce sens nous pouvons citer entre autres l’effort de soutien au Gouvernement du Burkina Faso dans le cadre du processus d’intégration de la nutrition dans les curricula de formation des instituts et écoles de formation du secteur rural.

Ainsi, après avoir réussi l’introduction du cours de nutrition à l’Université Nazi Boni en 2017, en 2018 c’était le tour de l’Ecole nationale des eaux-et-forêts (ENEF) où il a été mis en place un Groupe pédagogique – Nutrition et 12 enseignants formés. Aussi, le cours standard de nutrition des écoles et instituts de formation du secteur rural élaboré par l’Université Nazi Boni a été relu par le Groupe pédagogique, pour l’adapter aux différents niveaux de formation à l’ENEF.

En outre, la FAO appuie le Gouvernement du Burkina Faso dans les efforts de diversification agricole et alimentaire des ménages et des communautés par une série d’activités destinées à maximiser la disponibilité d’aliments nutritifs, plus abondants et plus variés. Ces activités sont notamment les suivantes : des activités d’appui à la production vivrière, à la production maraichère, aux produits forestiers non ligneux (PFNL), à la production animale, à l’aquaculture, etc.

Lefaso.net : La FAO mène des actions de transfert productif au profit de ménages vulnérables. Pouvez-vous nous dire plus et nous indiquer quels sont les effets de ces transferts productifs ?

Dans un contexte sahélien où les chocs climatiques sont récurrents, les ménages les plus pauvres au niveau des communautés rurales expérimentent une érosion de leurs actifs productifs qui se traduit par une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle chronique.

Ces ménages ne parviennent pas à produire suffisamment pour couvrir leurs besoins de base et sont, de ce fait, entrainés dans un cercle vicieux d’endettement et de malnutrition. Cette situation déjà critique, est empirée par une plus grande difficulté dans l’accès à l’alimentation qui se produit de façon saisonnière lors de la période de soudure où les stocks sont épuisés et les prix des denrées alimentaires dans les marchés augmentent.

Dans ce contexte, les transferts productifs (qui sont une combinaison de transferts monétaires et d’intrants productifs en nature) permettent aux ménages très pauvres de couvrir simultanément leurs besoins de base pendant la période de soudure (grâce aux transferts financiers reçus) et de reconstituer leurs actifs productifs grâce à l’appui en intrants agricoles et d’élevage de cycle court qui permettent une augmentation rapide de la production et des revenus.

A ce titre, le transfert monétaire inconditionnel et conditionnel est réalisé au profit des ménages vulnérables. Au titre de l’année 2019, c’est au total 1 145 000 000 FCFA de cash inconditionnel qui a été distribué à 12 500 ménages soit à plus 90 000 personnes et de 400 000 000 de Frs CFA en termes de cash conditionnel à 4 100 ménages.

En termes d’effet, on retient que le cash est le renforcement du pouvoir d’achat des ménages bénéficiaires et donc de l’économie locale grâce aux achats effectués sur les marchés locaux par les bénéficiaires directs ou indirects. Par ailleurs, le cash for work a permis de réhabiliter plus de 200 ha de périmètre maraicher et de récupérer plus de 1200 ha de terres dégradées qui ont été judicieusement mises en valeur par les populations.

En outre, l’utilisation des paiements électroniques du cash via les opérateurs de téléphonie mobile constitue une opportunité de l’inclusion financière des ménages vulnérables et à l’accès à la digitalisation des paiements à l’endroit des personnes vulnérables.

Lefaso.net : Quand on sait que les terres agropastorales du Burkina Faso sont en dégradation continue, la FAO en tant qu’agence spécialisée des nations unies dans le domaine, qu’est ce qui est réellement fait ?

En raison de la dégradation et de l’appauvrissement des ressources en terres et en eau, divers systèmes de production vivrière essentiels se retrouvent menacés à l’échelle mondiale, ce qui représente un sérieux défi pour nourrir une population qui devrait atteindre les 9 milliards d’habitants d’ici 2050, selon un nouveau rapport de la FAO publié aujourd’hui.

La définition de dégradation par la FAO ne se limite pas à la dégradation en soi des sols et des eaux mais comprend aussi une dévaluation d’autres aspects des écosystèmes touchés, par exemple, la perte de biodiversité.

Le Gouvernement du Burkina Faso dans le cadre de la Grande Muraille Verte a entrepris un vaste programme encourageant en cours. Dans ce cadre la FAO contribue signification à la réflexion ainsi qu’à la réalisation physique d’actions de conservation des eaux et des sols/Défense et Restauration des Sols (CES/DRS), de végétalisation des sites, etc.

A ce titre, la FAO a appuyé le Gouvernement pour la restauration des terres et des paysages forestiers dégradés, la vulgarisation des bonnes pratiques de gestion durable des terres comme suit :

 3 400 ha de terres dégradées ont été labourés à la charrue Delphino ;
 2 412 kg de semences d’espèces ligneuses, 480,5 kg de semences d’herbacées fourragères et 151 683 plants ont été utilisés pour végétaliser les sites labourés ;
 500 fosses fumières ont été installées pour la production de compost ;
 577 ménages ont été accompagnés pour l’application des techniques de CES/DRS (Zaï, demi-lune, bandes enherbées, cordons pierreux, mise en défens).

En collaboration avec la recherche, il a été aussi question d’activités de végétalisation pour booster la croissance des plants, par le système de mycorhization. Ainsi, le Département Environnement et Forêt de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (DEF/INERA) a poursuivi les essais comparatifs de semis et de plantations avec les semences et les plants inoculés et non inoculés.

Lefaso.net : : En tant qu’acteur qui accompagne les efforts gouvernementaux pour le monde paysan, quelle appréciation faites-vous du déroulement et des résultats de la campagne agropastorale 2019/2020 qui vient de prendre fin au Burkina Faso ?

L’appréciation de la FAO est celle réalisée de manière consensuelle au cours des instances de concertation du dispositif national de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

C’est ainsi qu’à l’issue de la 2ème session de l’année 2019 du Comité de Prévision de la Situation Alimentaire et Nutritionnelle (CPSA) qui s’est tenue les 18 et 19 novembre 2019, il est ressorti la situation suivante :

1. La campagne agropastorale a connu les facteurs de risques suivants :
 La crise sécuritaire plus marquée dans les régions de la Boucle du Mouhoun, de l’Est, du Centre Nord, du Nord, du Sahel, et du Centre Nord à travers des perturbations des activités agropastorales estimées à 20 à 70 % dans les localités fortement touchées ;

 L’installation normale à tardive de la campagne agricole sur une grande partie du territoire ;
 La majorité des semis réussis a été réalisée entre la 3ème décade de juin et la 3ème décade de juillet
 Les séquences sèches de 10 à 30 jours sont intervenues au cours des mois de juin et de septembre dans plusieurs localités occasionnant des dégâts importants sur les cultures ;

 Les inondations et des pluies tardives qui ont également causé des dommages importants sur les cultures et le pâturage, notamment dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades et du Centre-Sud ;
 Les attaques de la chenille légionnaire d’automne qui ont touchées plusieurs régions sur près de 94 000 ha de culture.

2. Résultats de la campagne

 486 360 personnes déplacées internes (PDI) en novembre 2019 dont 36% de femmes, 16% d’hommes et 48% d’enfants ; ces PDI sont surtout localisées dans les provinces du Soum, du Sanmatenga, du Bam et du Loroum. A ces déplacées internes s’ajoutent les populations hôtes estimées à 1 000 000 de personnes.

 5 029 321 tonnes de céréales produites en prévision contre une planification de 5 800 000 tonnes de céréale. Cette production enregistre ainsi une baisse de 2,92% par rapport à la campagne passée et une hausse de 11,97% par rapport à la moyenne quinquennale.

 1 375 709 tonnes de production des cultures de rentes en hausse de 25,38% par rapport à la campagne passée et en baisse de 0,44% par rapport à la moyenne quinquennale. Cette production est dominée par le coton (44%) et l’arachide (28%).

 816 981 tonnes des autres cultures vivrières (niébé, voandzou, igname, et patate) en baisse de 3,54% par rapport à la campagne précédente et une hausse de 11,6% comparée à la moyenne quinquennale.
3. Indicateurs de la situation alimentaire et nutritionnelle

 La production céréalière nationale, comparée au besoin de consommation humaine fait ressortir un excédent brut de 204 626 tonnes. En prenant en compte le solde import/export, l’excèdent net s’établit à 888 273 tonnes.

 Le taux de couverture des besoins céréaliers des provinces avec leur propre production dégage 21 provinces excédentaires, 07 provinces en situation d’équilibre et 17 provinces déficitaires. Au niveau des ménages agricoles, 39,5% d’entre eux n’arriveraient pas à couvrir leur besoin céréalier avec leur propre production, contre 42,5% pour la campagne 2018-2019

 Le bilan alimentaire prévisionnel fait ressortir un disponible énergétique alimentaire par personne et par jour de 2 683 kcal. Les produits végétaux contribuent pour près de 89% à cette disponibilité.

 Sur le plan nutritionnel, la malnutrition aigüe globale (MAG) dans la plupart des provinces est en dessous du seuil d’alerte de l’OMS avec des pics au niveau des régions du Sahel (Séno 11,7%), du Centre-Ouest (Sanguié 10,6%) et du Centre-Est (Boulgou 10,2%).

 Le bilan fourrager prévisionnel dégage un disponible fourrager global d’environ 10 millions 300 mille tonnes de matière sèche correspondant à un taux de couverture des besoins de 63,48% pour une durée de 08 mois. Cela indique que de façon générale le pays est déficitaire. En effet, le disponible accessible au bétail permet de couvrir les besoins des animaux durant 5 mois.

 Depuis la période de soudure écoulée, les prix des céréales ont enregistré des baisses atypiques comparativement à l’année dernière et à la moyenne quinquennale. Ces baisses seraient imputables à la réduction des flux internes et externes, la bonne production enregistrée lors de la campagne écoulée et à l’assistance humanitaire.

Le fonctionnement des marchés à bétail dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et la partie nord de la Boucle du Mouhoun connait des perturbations liées à l’insécurité. Outre les pillages et pertes, les populations déplacées internes sont contraintes de brader leurs animaux dans les localités d’accueil.

En perspectives, les activités de récoltes déjà entamées vont s’intensifier au cours des prochains mois et les prix des céréales pourraient se maintenir. Le bon niveau de remplissage des barrages à la date du 20 octobre 2019 augure de bonnes perspectives de production maraichère. Mais les facteurs de risque énumérés plus hauts pourraient occasionner des baisses de production dans certaines localités

4. Zones à risque et populations en insécurité alimentaire

 En situation courante (octobre à décembre 2019)
Pendant la période courante, vingt-deux (22) provinces sont en phase 2 « sous pression » et trois provinces à savoir le Soum, le Bam et le Sanmatenga sont en situation de crise (phase 3).

Au niveau national, environ 28 360 personnes sont en situation d’urgence alimentaire (phase 4), 1 190 700 personnes en situation de crise alimentaire (phase 3) et 3 609 150 personnes sous stress alimentaire (phase 2).
Les populations ayant besoin d’une assistance immédiate durant la période courante sont estimées à environ 1 219 000 personnes, dont 28 360 personnes en urgence alimentaire.

 En situation projetée (juin à août 2020)

En situation projetée, 20 provinces pourraient être en phase 2 « sous pression » et plus des trois provinces déjà en crise en période courante, 6 autres provinces (Gnagna, Gourma et Komondjoari, Namentaga, Oudalan et Loroum) pourraient tomber dans une situation de crise alimentaire.
Ainsi, les estimations des populations en insécurité alimentaire durant cette période fait état de :

• 4 587 281 personnes réparties dans toutes les régions en situation de stress (phase 2) ;
• 1 706 327 personnes dans les 13 régions en situation de crise alimentaire (phase 3) ;
• et 80 301 personnes réparties dans les régions de l’Est, du Nord, du Centre-Nord et du Sahel en situation d’urgence (phase 4).
• 1 786 600 personnes, dont 80 300 en urgence alimentaire qu’il faut assister de toute urgence

Lefaso.net ; Cela fait 6 mois que vous êtes la tête du bureau de la FAO/Burkina. Quel regard portez-vous sur le rétroviseur ?

Il est toujours difficile de parler de soi-même. En prenant fonction, ma hiérarchie m’a confié une MISSION qui est de renforcer les acquis engrangés par mes prédécesseurs et surtout travailler à mobiliser les ressources humaines et financières et techniques nécessaires pour mieux accompagner le Gouvernement du Burkina Faso. Ceci dans un contexte d’insécurité avec une augmentation fulgurante des besoins mais concomitamment à cela, entreprendre des actions de développement à l’échelle du pays toujours avec le Gouvernement du Burkina Faso comme lead.

Dans la collaboration avec le gouvernement, il y a aussi de réels motifs de satisfaction. Nous avons entamé la mise en œuvre des projets avec des ministères du développement rural, à notre prise de fonction. Nous continuons à les exécuter sans difficultés avec les autorités actuelles avec lesquelles nous entretenons une excellente collaboration.

Avec les partenaires au développement, nous arrivons à faire le plaidoyer en vue de la mobilisation d’autres ressources, pour financer beaucoup plus efficacement le développement du monde rural au Burkina Faso. Ce que nous faisons sur le terrain est bien apprécié. Mais, face aux besoins, on se rend compte qu’il reste beaucoup à faire. Il faut donc plus de financement pour pouvoir faire davantage. C’est le message que nous portons aux partenaires.

Nous remercions ici le Gouvernement et les partenaires donateurs de ressources pour la confiance placée à la FAO grâce à cela des programmes sont en cours de mise en œuvre avec les ministères de l’environnement et des ressources halieutiques et de l’agriculture.

Je suis satisfait des résultats obtenus, surtout que je suis en présence d’une équipe très dynamique qui m’accompagne et un système des nations unies plus que soudé, sur le leadership de sa Coordonnatrice Résidente, pour un résultat commun « Delivery As One » sans laisser personne dehors ».